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Chemins de fer et autres voyages (Le Soir)

samedi 27 décembre 2003

Vous êtes navetteur en chemins de fer, ou échappez au contraire à cette valse qui consiste à quitter et rejoindre un domicile éloigné de votre lieu de travail suite à un révoltant dysfonctionnement du réel ?

De quelque camp que vous soyez, "L’indicateur des chemins de fer" tente de vous dérider à coup d’observations sur les joies (rares) et misères (nombreuses) des transports ferroviaires (1).

Montois travaillant à Bruxelles, Pascal Samain connaît ces douleurs. Auteur en 1990 des "Trous de la rue Lartoil", Grand Prix de l’humour noir Xavier Forneret la même année, il nous livre aujourd’hui les chroniques acerbes d’un navetteur malgré lui. Étudiant, cynique, ce qui se passe dans le train quand tous les autres croient qu’il ne se passe rien , il fait montre de quelques beaux coups de plume dans l’exercice de son activité de sociologue du banal . Son ouvrage manque cependant de souffle, de liant, de continuité. A grappiller par bouchées, entre deux gares.

Scénariste des "Cités obscures", dessinées par François Schuiten, Benoît Peeters nous convie à des errances d’un autre genre. Arpenteur de planète, il nous livre dans "Poussière de voyages" des souvenirs de ses aventures traversières. Prenant rarement note au fil de ses voyages, il convoque sa mémoire pour évoquer Londres, Vienne, sa route de Sarajevo, Canton, Prague, Berlin, et bien d’autres destinations.
Cela donne des éclats de découvertes, des impressions à partager.

Rouler à vélo des heures durant, perdu dans la foule des cyclistes chinois, jusque dans les banlieues les plus médiocres. Ai-je connu plus grand bonheur de voyageur que celui-là ?, s’interroge notamment Peeters en se souvenant de Pékin en 1987.

L’auteur range en fin d’ouvrage des considérations sur le retour, le départ, les hôtels et autres poussières de voyages. Il nous conseille ces exercices : Étudier le plan de sa propre ville. Explorer méthodiquement un quartier que l’on ignore. Aborder les passants une carte à la main, en n’usant plus que de quelques mots de français. Probable amateur de Nicolas Bouvier, Benoît Peeters propose avant tout un usage du monde à ses lecteurs.

Il est aussi question d’usages du monde dans le court "Vae victis" de Vincent Engel. Le brillant auteur du récent "Retour à Montechiarro" y dévoile la face cachée du monde universitaire (dans lequel il évolue) tout en nous invitant à parcourir Rome. Sans doute petit brûlot dans les "milieux concernés", universitaires comme ministériels, jeu de masques à décrypter, cet ouvrage demeurera pour tous un vif échange entre un jeune professeur d’université et un aîné assagi par sa mise à la retraite. Le tout sur fond de Rome éternelle. Piquant.

P. He

(1)Pascal Samain, "L’indicateur des chemins de fer", éditions du Cerisier, 192 p., 390 F (9,66euros)
(2)Benoît Peeters, "Poussière de voyages", Les Impressions nouvelles, 48 p., 272 F (6,74euros).
(3)Vincent Engel, "Vae victis", Le Grand Miroir, 96 p., 242 F (6euros).

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